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Avant Propos


Prétendre que les Iraniens ont souhaité une république islamique telle qu'elle s'est organisée au lendemain de la révolution et renforcée au cours des années 80 ne serait pas exacte et menacerait la déjà difficile démarche de compréhension de la société de la République Islamique d'Iran. Comment imaginer que les iraniens, désireux d'en finir avec un régime autoritaire, laïc et inégalitaire, aient souhaité l'établissement d'une théocratie totalitaire et rigide?

Les conditions socio-économiques de la fin des années 70 ont porté un mouvement de contestations dans toutes les couches de la société iranienne. La politique moderniste du régime des rois Pahlavi (1925-1977), Reza Shah et Muhammad Reza Shah, a lourdement remis en cause le modèle social traditionnel, bouleversant les rapports de force au sein de la société. Nombreux furent les déçus de la politique de modernisation de l'économie et de l'éducation. Nombreux furent les laissés-pour-compte de la politique du régime, qui échoua à intégrer le peuple à sa démarche modernisatrice et laissa se lover dans la frustration du peuple, le mouvement de contestation qui signera sa fin.


Le vide politique laissé par 50 ans de dirigisme a abandonné à l'opposition charismatique et populiste religieuse la revendication de l'unique alternative au régime, ralliant ainsi les mécontents sous la même bannière révolutionnaire. Les discours des activistes du clergé, basés sur la symbolique du Shi'isme, ont fini d'unifier le peuple, l'engageant de manière irréversible dans la lutte contre l'ennemi, le responsable de tous les maux. Le Shah devait partir.  

 

 

L'Iran des Qadjars (1795 - 1925) suite


Société Iranienne sous les Qadjar.

Avant les Pahlavis, la société traditionnelle iranienne apparaissait assez stable. Injuste, certes, mais stable. La plus grande portion de la population était cantonnée aux tâches agricoles, organisée par village dans un système de type féodal. Chaque entité sociale du peuple était rattachée à une activité: la petite bourgeoisie marchande et propriétaire des bazars, le clergé, chargé de l'éducation et du culte et les grandes familles, grands bourgeois et membres de la famille royale, propriétaires de terres et ayant sous leur ordre les paysans. Dernier groupe, assemblé autour des seigneurs locaux et de la famille royale, les troupes armées.

Une société amalgame de couches sociales superposées et inorganisées. Pas de représentation politique unificatrice possible, à cause de la stratification forte.

L'ère Qadjar à été le théâtre d'une transition prononcée de la structure politique de la société ainsi que des conditions sociales. D'une tradition nomade, d'où étaient issus le premier des six rois Qadjar, la société à lentement entamé sa sécularisation autour des villes principales. Sir John Malcom rapportait en 1829 dans ses récits The history of Persia que le Fath Ali Shah, deuxième roi Qadjar, préférait le village à la ville, la tente au palace.

Le roi déléguait son pouvoir en province aux princes de la famille royale en place. Localement, les pouvoirs étaient entre les mains des chefs des grandes tribus iraniennes: Bakhtiyaris, Kurdes, Afshars, Qaragozlus, Arabes, Qashqa, Balouches, Turkomans.

 

 

Palais des Shah

 

 

 

 

 

L'Iran des Qadjars (1795 - 1925)


La détermination des frontières.

Depuis l'installation à la tête du royaume perse en 1796 du roi Qadjar Agha Muhammad, l'Iran a vu ses frontières se réduire sensiblement. Ainsi en moins de deux siècles, la Perse a perdu près d'un quart de ses territoires. La guerre d'influence entre l'Angleterre et son empire des Indes et la Russie en est certainement une raison majeure, mais la faiblesse des suzerains Qadjar fut déterminante tant ils étaient incapables de défendre les territoires.

Au cours du 18ème siècle, la région géorgienne de Tiflis (Tbilissi) est perdue au profit de l'empire Ottoman qui occupe jusqu'en 1736 tous les territoires correspondant à l'actuelle région iranienne Azerbaïdjan. La Russie, bien qu'elle ne possède pas encore l'Azerbaïdjan, l'occupe, ainsi que toute la côte iranienne de la Mer Caspienne. Enfin, à l'Est, les régions d'Herat, de Kandahar et le Balûchistân ne font plus partie de la Perse à la fin du 18ème.

Le traité de Gullistan, en 1813, entérine les frontières russes de l'Azerbaïdjan, et celui de Turkmentchaï en 1828, finit de céder les territoires perses de Géorgie et d'Arménie (Erevan). Le traité d'Erzurum en 1847, finalise les frontières avec l'empire Ottoman telle qu'elle le sont encore de nos jours avec l'Irak et la Turquie.

De 1833 jusqu'en 1856, la Perse tenta à maintes reprises de reconquérir Herat et l'ouest de l'Afghanistan. Les anglais, influent en Afghanistan, menacent le Shah Perse d'une guerre s'il ne cesse pas son attitude belliqueuse envers son voisin oriental. Cependant, à l'occasion de troubles de successions entre les princes afghans, la Perse envahit Herat en 1852 et 1856. La riposte anglaise est forte et pousse les perses à définitivement renoncer à la reconquête d'Herat. En 1863, sous l'égide de l'Angleterre, la frontière Afghano-Perse est fixée. Sept années plus tard, l'Angleterre offre à la perse le Baloutchistan occidental et fige les frontières avec l'Empire des Indes au sud-est.

En 1882, après dix années de conflits au Turkménistan, la Perse renonce au sud de la région, et reconnaît la nouvelle frontière avec la Russie. La Perse perd alors une des plus anciennes cités de la région: Merv, près de l'actuelle Mary.

Une entrée dans le 20ème siècle sous influence étrangère.

C'est une Perse au modèle politique archaïque qui entame le vingtième siècle. Ni les gouverneurs des provinces, princes de la famille royale, ni les bureaucrates, ni les Ulémas n'aspirent au changement. La développement de la Perse est très en retard notamment par rapport aux autres puissances de la région: l'Egypte et la Turquie. Les réseaux de communications entre les provinces sont pratiquement inexistants: seulement 250 kilomètres de ligne de chemin de fer fonctionnent en 1925, contre 20 fois plus en turquie. D'autre part 22% de la population habite en zone urbaine en 1925, et enfin, seulement 0,6% de la population est scolarisée en 1901 (contre 4% en Egypte). La faiblesse de la politique étatique, dans ce pays si peu centralisé, pêne à dynamiser les secteurs industriels tels que l'industrie de production pétrolière. Les revenus de l'état sont si faibles, que la quasi totalité servent à financer l'armée perse qui ne parviendra pas à défendre ses frontières.

Les puissances Russe et Anglaise, fortement influentes dans la région, se contentent alors largement de cette Perse faible, ne menaçant pas les territoires voisins et abandonnant si facilement l'exploitation de ses ressources.

En effet, depuis l'été 1907, la Russie et l'Angleterre sont parvenus à un accord établissant des zones d'influences. Le grand Nord pour la Russie, et le sud-est, pour l'Angleterre. Auparavant, dès 1901, William Knox d'Arcy, citoyen anglais, obtient la concession des sites pétroliers du sud de la Perse et en 1909 est créé l'Anglo-Persian Oil Company (APOC).

Sur le plan politique, des troubles éclatent dès 1905 et la tentative de réformes fiscales du gouvernement. Citadins et Ulémas, à qui s'associent rapidement les intellectuels, font ratifier par un parlement une constitution. Le Shah est forcé de l'accepter en 1909, alors que des révoltes de paysans et de nomades Bakhtiars ont éclaté. La suite est une succession de désordres et d'instabilités qui s'achèveront en 1921 après que l'Iran, une nouvelle fois terrain de conflits qui dépassent ses dirigeants, ayant retrouvé sa souveraineté après les retraits de la Russie Soviétique et de l'Angleterre, assiste au coup d'état qui portera le général en chef de la brigade cosaque persane, Reza Khan, au pouvoir..

 

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